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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 16:31

Il y a les lignes, l'épure,

les volumes verts bleus gris

les taches et camaïeux.

Il y a ces grands espaces et ces détails fouillés.

Tout un fatras plus ou moins arrangé.

Ces barres rigides qui tranchent l'horizon

dures comme le béton,

le verre et l'acier,

traversées par l'espace.

Il y a, il y a.

Ce qui navigue sous le regard

le sûr et le solide.

Ce qui danse, ce qui tremble

ce qui contredit le tangible.

Il y a toi, moi, eux

cellules de vie, univers cellulaire.

Il y a l'ensemble de ce monde,

que je touche, que je vois,

et que je crois savoir.

Réalité aussi ondoyante que vibratoire.

Il y a je, tu, elles et ils

il y a sous nos yeux, dans nos yeux,

au-delà et en-deçà de vos yeux,

une unité multiple

un grand paysage atomique.

Paysage(s) et atomes...
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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 08:15

 

Il est parfois des trajets qui s’affolent !

L’idée des quatorze heures de vol, seule avec ma fille d’à peine trois ans, m’angoisse un peu.

Tout va bien se passer, tout va bien se passer, tout va bien se passer !

...

Nous décollons de Paris en retard.

Ca va aller, ça va aller, ça va aller…

A l’enregistrement des bagages à Orly, l’hôtesse m’a remis la carte d’embarquement pour les deux vols. Au dos de la pochette où se trouve la carte pour le trajet Amsterdam-Lima, le plan de l’aéroport international d’Amsterdam, Schiphol. Tout est bien pensé, bien prévu pour se repérer. Terminal d’arrivée. Terminal de départ. Porte d’embarquement. Entre les deux, vingt minutes de marche… Le calcul est vite fait. Avec les vingt cinq minutes de retard de l’avion Paris-Amsterdam dans lequel nous sommes, les quarante minutes de transit n’y suffiront pas. Je fulmine.

...

L’avion est stabilisé sur le tarmac, la passerelle vient s’ajuster sur la porte avant…Bien sûr, nous sommes au fond du zingue. Des passagers commencent à descendre ; c’est lent. Lent. Je trépigne.

En deux temps trois mouvements j’essaie de remettre mon cerveau à l’endroit.

Avant de descendre, je montre nos billets à une hôtesse. Elle me sourit et ne s’affole pas du tout, elle. Evidemment, ce n’est pas elle qui va rater son avion !

 

...

« Ma chérie, je te porte, tu ne bouges pas ! » Cinq kilos sur le dos, douze sur le ventre, je fonce. Au pas de course, j’entame un marathon dans l’aéroport d’Amsterdam. Je distribue des « sorry…sorry » en veux-tu en voilà, passe devant tout le monde, même à un ultime contrôle douanier (me demandant bien à quoi sert l’espace Schengen !), je souffle, je transpire, je m’essouffle.

 ...

 Schiphol.jpg

Terminal C… J’approche. Porte A…B…. Nous c’est la F. La dernière dans ce bras d’aéroport, bien entendu.

Un attroupement de voyageurs m’apparaît soudain. Où suis-je ? Porte E ? Non, F ? 

“Be cool”, “don’t stress”... Don’t stress don’t stress... Ils sont drôles !

 ...

Sur un écran, Lima, delayed, 40mn.

Mais pourquoi personne ne me l’a dit ?

Ecarlate, en nage, haletante...je n’ai plus ni bras ni jambes…mais…tout va bien, tout va bien, tout va bien.

 



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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 20:42

 

Il est des Eden cachés au fond des rêves de chacun d’entre nous. Un ailleurs de l’autre bout du monde qui résonne d’une pureté inaccessible. Les lieux traversés ce jour-là en font partie et me prirent au dépourvu. Un mot, aujourd’hui encore, au plus profond de moi, entre en résonance avec une certaine idée du paradis terrestre. Celle d’une immensité indicible et paisible. L’Altiplano.

 

Au sud de Cuzco, nous quittons très vite les franges de l’influence amazonienne. Très vite, ce sont les couleurs terre et ocre, du jaune au brun, qui l’emportent. La montée se fait tranquillement, les flancs des montagnes s’écartent, la plaine d’altitude étale ses touffes d’herbes comme des rayons d’or. Des lamas, alpagas et autres vigognes paissent au milieu d’un royaume qui semble leur appartenir, sous le bleu d’une clarté d’outre ciel. Entre les deux, se découpent les arrêtes enneigées de sommets andins. Le peu de traces d’humains confère aux lieux une sérénité supraterrestre. Il me semble voyager au cœur même de l'ineffable.

Les dix heures du trajet pourraient presque se résumer à cette sensation de bout du bout du monde sublime, dans lequel j’ai le sentiment de n’être plus que des yeux et un corps respirant à peine, ne voulant rien déranger d’un ordre établi là, déposé par quelques dieux vieux de plusieurs milliers d’années.

Malgré tout, mon corps me rappellera à ma faim, à ma soif et à l’oxygène plus nécessaire encore à la réalité de mon existence bien humaine !

 

La pause d’une vingtaine de minutes à la gare de La Raya est à couper le souffle. A plus de quatre mille trois cents mètres, on s’économise. Et à part quelques vendeurs de babioles, il n’y a rien. Rien d’autre que les herbes jaunes et l’azur se découpant au-delà de la roche. Rien d’autre que le souffle limpide de l’air froid et piquant, oscillant entre une aridité ascétique et le mythe.

 

llamas-altiplano-peru.jpg

                                            http://www.bugbog.com/gallery/galleryperu/peru-pictures-altiplano.html

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 13:22

La première matinée nous accueille en fanfare. Nous y projette plus exactement. C’est comme ça quand on change de continent, on plonge littéralement et subitement dans un autre monde. Etre dérouté, bousculé, tourneboulé, c’est cela l’ailleurs ; en tout cas je crois que c’est une part de ce que je vais y chercher.

Malgré le soleil qui perce peu, c’est la fête sur la Plaza de Armas. Grosses caisses, tambours et trompettes, clairons, basses, caisses claires…tout l’arsenal est de sortie. J’apprendrai que le dimanche, ici, se célèbre comme il se doit dans chaque ville, sur l’ancienne Place des Armes, ou Plaza Mayor, à la fois vestige des constructions des conquistadores et symbole de la libération. On y a juste déboulonné la statue du commandeur pour y mettre une fontaine et le tour de passe-passe est joué.

La présence de religieux, de militaires et de représentants de la municipalité y est incontournable. La démocratie dans de nombreux pays d’Amérique latine oscille souvent entre un idéal libéral et une réalité autoritaire. Et cette autorité a ses piliers. Incontestables. L’Eglise, l’armée, la politique. Qui organisent des festivités pour égayer le peuple. Et le peuple est joyeux… Le règne du paradoxe.

Nous assistons à la parade. Des adultes et des enfants costumés défilent, sous le timbre des cuivres, au rythme des percussions. Ambiance festive et envoûtante. Certains portent des têtes énormes de carton-pâte aux grimaces effrayantes. L’effigie d’un saint côtoie le burlesque. Thèse et antithèse. Figure d’autorité et dérision. Enfants des écoles mêlés aux armes des militaires …

[...] Dans l’après-midi, nous nous rendons sur une autre place, plus modeste, qui n’est autre que le parvis de l’église et couvent San Francisco. [...] Elégante, majestueuse, imposante, magistrale, sont autant de qualificatifs qui conviendraient à cette église rescapée de la période coloniale. Les Espagnols n’ont pas lésiné sur le grandiose et l’opulence. Sur le baroque. Comme les monuments de la Plaza Mayor, l’ensemble religieux dédié à Saint-François devait répondre aux enjeux de pouvoir, plus encore dans ce Nouveau Monde qu’en Europe. Il fallait servir l’absolutisme de l’Etat et de l’Eglise. Il fallait d’autant plus asseoir ces pouvoirs en tant que colonisateur dominant, face à la population indigène à laquelle on ne laissait pas le choix. Alors, des édifices, politiques ou religieux, seront élevés, monumentaux, d’une facture ostensible et théâtrale.

Face au porche, c’est une pièce montée au glacis de sucre jaune, rehaussée de crème blanche, qui s’élève de ses deux tours vers le ciel. Le tympan de couleur pierre, plus attendue pour une église, n’en finit pas d’être sculpté, mouluré, en bas et hauts reliefs, en lignes verticales et en voussures. Je me glisse à proximité d’un groupe qui commence la visite. Le guide donne ses explications en

anglais ; ce sera toujours mieux que rien !

 

Plus je pénètre à l’intérieur, plus je me dis que l’édifice est un iceberg : l’extérieur semblait grandiose, l’intérieur est gigantesque. Colossal d’une ornementation poussée jusqu’au bout de ses retranchements, qui ajuste le moindre détail des sculptures dégoulinantes d’émotions et des toiles de grands maîtres… et Dieu sait si elles foisonnent ! Les boiseries, les stucs, les arcades, les dorures, les colonnes et les pilastres s’enchevêtrent, se poussent, se collent les uns aux autres, s’épousent. Pas un espace vide dans un lieu voué à la prière et à la méditation, ça interroge… C’est un régal pour l’œil. Mais comment faire silence en soi quand l’espace est empli de tout ? Là, dans le cloître, le long des galeries et dans le jardin, les moines circulaient. Comment pouvaient-ils s’adonner à la prière au milieu de tels fastes ? Il est certain que l’Eglise a soigné sa contre-réforme jusque dans le Nouveau Monde…





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