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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 12:30

 

Une fois n’est pas coutume, de lien en lien, me voilà sur un autre blog, un projet.

Le projet de Mathieu Simonet (merci Mathieu) , « Ecrivez un texte sur votre père »… J’en avais un tout prêt tout cuit: Un Monsieur m'a dit (publié ici même en février 2012: http://nouvelles-en-vrac-de-laure-lie.over-blog.com/article-un-monsieur-m-a-dit-98650387.html ), que j'ai donc livré là, à quelques variantes près : http://lapaternite.blogspot.fr/2013/08/96-800x600-normal-0-21-false-false.html )

De lien en lien, j’aboutis sur un autre projet de Mathieu : la même chose version Maternité. Là, ici même, rien d’écrit… Je me dis, peut-être, ou non. Selon l'inspiration.

Inspire, expire, un matin, les mots fusent, les phrases jaillissent et se lient. Toutes seules. En moins d'une demi-heure le texte est bouclé.

Parce que pour une question de lien…c’en est une. Non des moindres.

Ni fioritures, ni contexte (ou si peu) : je sais exactement où je vais. Au cœur, dans le mille, tout au fond du lien… Dans Une semaine, se dit, se lit l’indéfectible. Rien d’autre. Qu’on le veuille ou non, il est là, tel quel, inamovible, inexorable. C’est ainsi !

Le  lien, le voici… là :

http://la-maternite.blogspot.fr/2013/08/laurence-litique-n185.html

(A force de liens, j’aurais déjà décroché. Pas vous? Ne peut-on dire trop de liens tuent le lien ?!)

Et ici aussi: (sur un rouge qui vacille...)

Une semaine

Une semaine, sept jours ou encore le nombre d’heure correspondant.

Les souvenirs foisonnent, en impressions et taches sensibles.

Ma mère, c’est les matins d’été, revenant du jardin, une brassée de haricots vertigineuse emplissant la table et la cuisine d’une odeur verte. Ce sont les bassines bouillonnant d’orangé, d’ambre ou de carmin translucides. Et les effluves de fruits sucrés que l’on mangerait bientôt en confitures.

C’est le moteur ronronnant de la machine à coudre, les tissus chamarrés emportés par ses griffes et les poussières de fils et d’étoffes effilochées voletant dans la poussière.

Les empreintes dans une couche de neige fraîche et épaisse.

Ma mère c’est les goûters, puis les devoirs, après l’école, sur la toile cirée du quotidien, sous le néon trop vif ; c’est le devoir et la tempête dans ses prunelles sombres.

Ma mère, c’était l’impossibilité de la quitter, en-dehors des heures d’école déjà trop longues. Et ces longues heures en larmes à la chercher, lorsque je devais passer un jour ou deux chez les grands-parents ou chez une tante.

Au-delà de ses cheveux noirs, de son timbre autoritaire et de sa posture un peu raide au bout du couloir, de sa difficulté à rire de tout et de rien,  la priorité de ma mère était toute l’attention portée à sa maisonnée.  Pour que ça tourne bien, pour que ça roule. Et ça roulait.

Ma mère, je l’ai nommée, appelée, cinquante, cent fois par jour durant des années et bien au-delà du raisonnable de l’âge adulte. Souvent elle me l’a dit, que pour un oui, pour un non, pour une évidence qui était sous mes yeux, je l’appelais, lui demandais comment faire ou simplement son avis. Quand je fus éloignée d’elle physiquement, c’est le téléphone qui a pris le relais.

Parce que par-delà les souvenirs, bons au mauvais, ma mère est avant tout cette semaine, sept jours ou le nombre d’heures équivalant, durant lesquelles elle fut absente, elle dut me quitter  -oh contre son gré, je le sais !

Cette semaine, ces sept jours ou le nombre d’heures correspondant sans elle à la maternité, du haut de mes quelques jours de vie, malgré toutes les bonnes volontés du monde, les siennes, les miennes, reste la faille temporelle, une mémoire de chair, sans image sans son et sans couleur, qui me relie le plus indéfectiblement à elle.

 

 

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Published by Laure Lie - dans Coup de Coeur
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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 20:23

 

"Quels que soient nos chemins, aux derniers jours, je serai auprès de toi"

  

Ils se sentaient plus vivants, plus invulnérables, grâce à ce serment,

à ce filin d'acier qui les reliait à jamais.

 

Marie voudrait chanter [...] tout ce qui se bâtit dans le mystèrieux combat

de la lumière et des ombres...

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Les siècles s'agglutinent en ce lieu dérisoire, éxigu, où la mort, une fois de plus, joue, avant son heure, son implacable, sa fatale partition.

 

Andrée Chedid

 

 

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 17:15

 

" L' A m o u r  est une arme de construction massive,

 

l' A m o u r  est une arme absolue."

 

Luc Besson à propos de

Aung San Suu Kyi

 

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 17:02

...ou une Bible au féminin...Antigone

 

ISMÈNE -Tu sais, j'ai bien pensé, Antigone.

ANTIGONE -Oui.

ISMÈNE -J'ai bien pensé toute la nuit. Tu es folle.

ANTIGONE -Oui.

ISMÈNE -Nous ne pouvons pas.

ANTIGONE, après un silence, de sa petite voix. -Pourquoi?

ISMÈNE -Il nous ferait mourir.

ANTIGONE -Bien sûr. A chacun son rôle. Lui, il doit nous faire mourir, et nous, nous devons aller enterrer notre frère. C'est comme cela que ç'a été distribué. Qu'est-ce que tu veux que nous y fassions?

ISMÈNE -Je ne veux pas mourir.

ANTIGONE, doucement -Moi aussi j'aurais bien voulu ne pas mourir.

ISMÈNE -Écoute, j'ai bien réfléchi toute la nuit. Je suis l'aînée. Je réfléchis plus que toi. Toi, c'est ce qui te passe par la tête tout de suite, et tant pis si c'est une bêtise. Moi, je suis plus pondérée. Je réfléchis.

ANTIGONE -Il y a des fois où il ne faut pas trop réfléchir.

ISMÈNE -Si, Antigone. D'abord c'est horrible, bien sûr, et j'ai pitié moi aussi de mon frère, mais je comprends un peu notre oncle.

ANTIGONE -Moi je ne veux pas comprendre un peu.

ISMÈNE -Il est le roi, il faut qu'il donne l'exemple.

ANTIGONE -Moi, je ne suis pas le roi. Il ne faut pas que je donne l'exemple, moi... Ce qui lui passe par la tête, la petite Antigone, la sale bête, l'entêtée, la mauvaise, et puis on la met dans un coin ou dans un trou. Et c'est bien fait pour elle. Elle n'avait qu'à ne pas désobéir!

ISMÈNE -Allez! Allez !... Tes sourcils joints, ton regard droit devant toi et te voilà lancée sans écouter personne. Écoute-moi. J'ai raison plus souvent que toi.

ANTIGONE -Je ne veux pas avoir raison.

ISMÈNE -Essaie de comprendre au moins!

ANTIGONE -Comprendre... Vous n'avez que ce mot-là dans la bouche, tous, depuis que je suis toute petite. Il fallait comprendre qu'on ne peut pas toucher à l'eau, à la belle eau fuyante et froide parce que cela mouille les dalles, à la terre parce que cela tache les robes. Il fallait comprendre qu'on ne doit pas manger tout à la fois, donner tout ce qu'on a dans ses poches au mendiant qu'on rencontre, courir, courir dans le vent jusqu'à ce qu'on tombe par terre et boire quand on a chaud et se baigner quand il est trop tôt ou trop tard, mais pas juste quand on en a envie! Comprendre. Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas comprendre. Je comprendrai quand je serai vieille. (Elle achève doucement.) Si je deviens vieille. Pas maintenant.

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