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Parce que l'âme est une pellicule sensible.
« Tu sais, ça ne sert à rien de regretter » m’a dit un jour un monsieur pas encore vieux, qui le serait aujourd’hui s’il était encore en vie.
Trente ans après, je me souviens de cette parole qui, au fil des ans, de-ci de-là, est venue trotter dans ma tête. Qu’en fut-il lorsqu’il est parti pour de bon ? N’avait-il aucun regret sur sa vie ? Le connaissant, c’est bien possible ; son seul regret étant celui de nous quitter.
Je me dis que c’est sans doute la meilleure façon de regarder sa vie lorsqu’elle s’en va.
A quoi bon, de toute façon, quand tout est déjà dans le passé, quand on a fait ce qu’on a pu et qu’on n’a pas été un meurtrier ?
Vivre en âme et conscience. Dans le présent. Ne pas perdre son énergie à regretter ses choix, plutôt améliorer ceux qui ont eu des conséquences bancales.
Vivre dans le présent de ce que l’on est et s’accorder ce droit d’être.
Malgré cette volonté sage et qu’il m’a transmise, certains ressentis, certains petits malaises qui ressurgissent ça et là, ne sont pas loin d’être assimilables à des regrets. Un acte manqué ici, une parole qui aurait pu réconforter juste par sa présence là… Mais il est encore possible de se dire qu’on peut y être attentif à chaque instant et qu’on pourra faire mieux la fois d’après, si tant est qu’on la voie venir.
Ce qui est plus regrettable, c’est quand cela ne dépend pas de notre bonne volonté… mais d’autres regards. Quand le regret s’installe là où quelqu’un d’autre transforme une confiance en entaille.
Comment ne pas
regretter de s’être livré, intimement, sincèrement,
de manière authentique quand nos paroles ont été mal comprises, détournées, retournées, et finalement utilisées contre soi-même ?
J’aimerais bien le revoir ce monsieur qui serait vieux maintenant, et lui demander s’il en avait eu, lui, des regrets de la sorte…
Le connaissant, sans doute me répondrait-il que rien n’est regrettable dans la sincérité livrée à autrui, même pas le trou dans lequel notre intimité mal accueillie a atterri. Juste qu’il faut savoir être humble, ne pas espérer tisser avec d’autres ce que ceux-ci ne savent que détricoter par un regard mal voyant ou malveillant.
Savoir regarder et protéger son propre bout de vie quand d’autres nous infligent ce qu’ils refusent d’eux-mêmes. Nous rendent coupables de ce qu’ils ne savent résoudre en eux.
Non, ne pas regretter d’avancer en soi. Avancer seul plutôt qu’accompagné sans vraie hospitalité. Sans authentique accueil.
Parce que c’est là que serait l’écueil.
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Il est des paroles qui restent, qui reviennent et qui dansent dans nos têtes.... Même quand on est un peu jeune pour les "écouter" pleinement....elles germent... J'ai toujours confiance dans le lumineux qui est semé...
B
nne journée à toi Fabeli!